Textes 56
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Quelques extraits du dernier livre d'Alain Soral " Jusqu'où va-t-on descendre ? "
Algérie
Plus je vois la merde noire ( corruption, intégrisme, généraux ) dans laquelle l' Algérie s'enfonce un peu plus chaque jour, plus je découvre en images que les seules choses qui tiennent encore debout là-bas ( infrastructures, urbanisme ) sont celles que la France coloniale y a construites, plus je me dis que leur seul espoir, c'est qu'on y retourne.
Alonso Isabelle
" On a tout essayé " ( pour faire de la télé ? )...
Il paraît donc temps d'enseigner à ce Rantanplan du féminisme qui n'hésite pas à parler, du haut de son inculture crasse, de " désobéissance civile ", quel est son rôle ( en plus d'être aujourd'hui, en France, l'agent le plus puissant pour la recrudescence de la mysogynie ) sa fonction objective; des fois qu'elle pense, comme Clémentine Autain, avoir été cooptée pour son intelligence ou son talent. " Chienne de garde" Chienne de garde signifie : auxiliaire féminin des kapos du régime comme l'est leur nouvelle caricature et championne : la montreuse de gencives Isabelle Alonso.
Angot Christine
Combien de bibliophiles impressionnées ai-je entendu lâcher après l'une des prestations suspectes de C. Angot " Chez elle au moins, on sent que ça vient des tripes !.... Justement je me permets de rappeler aux extasiés volontaires que ce qui vient des tripes, c'est la merde et qu'excepté pour le gastro-entérologue ce n'est pas intéressant et ça sent pas bon. L'idée de la transcendance du tripal qui confond exprimer son mal et dire la vérité, ce qui est exactement l'inverse est non seulement une idée fausse mais aussi une vieille idée celle du chamanisme, du freudisme mal compris par les surréalistes et celle du néo-kantisme avec ses idées réac de philosophe allemand dépassé par l'investigation scientifique mais qui prétend dire la vérité quand même puisqu'il est philosophe.
Animateurs de TV
Le charme et la compétence de l'animateur télé ancienne époque, celle des Martin, Bouvard, Morin, Sevran, Amadou.... venaient de son parcours : un parcours de raté...
Avant de se résoudre à ce métier de camelot, il avait tout essayé, autant de vocations avortées, d'espoirs deçus qui lui donnaient, outre une certaine culture générale et du vécu, ce respect fait d'humilité et de tendresse pour ceux qui rament encore : ses invités.
Aujourd'hui, animateur télé n'est plus le gagne pain du vieux saltimbanque épuisé, mais un but en soi, le désir suprême du jeune con, arriviste inculte, programmé. Plus médiatisé que ses invités, désormais la vedette qui prend la grosse galette, c'est lui....
Vide gonflé d'arrivisme servile que l'animateur nouvelle époque s'efforce de maquiller par une escuade d'assistants, des fiches et l'oreillette.
Animaux
A la télé même les animaux font de la politique. Le documentaire animalier depuis ses origines d'émission zoologique éducative a évolué vers un genre de plus en plus anthropomorphique. Une vie de bête qui ressemble tellement à la nôtre, êtres humains tout aussi biologiquement déterminés, luttant aveuglement contre le fatum implacable, tantôt mangeurs, tantôt mangés.
Tentative d'intéresser encore la jeunesse à une nature de plus en plus lointaine et abstraite ou volonté politique d'insister sur ce qui nous rapproche de la bête plutôt que sur l'Histoire qui nous en sépare ?
Arte
Télé à deux vitesses
N'aimant ni le foot, ni le porno et refusant de payer un abonnement en plus d'une redevance pour subir un surcroît de matraquage publicitaire, je regarde souvent les soirées thématiques de Arte.
Or sur Arte, il est difficile de ne pas constater qu'à l'opposé de la télé de papa, pédagogique et universaliste, tout, habillage, ton de voix, choix des animateurs, est fait pour persuader le bon peuple que ce n'est pas pour lui, et l'inciter à aller voir ailleurs.
Pour la masse, les beaufs, les cons, la horde bêlante des consommateurs suiveurs : le Bigdil, le porno, et le Loft.
Arts primitifs
Premier ( fondateur ) ou " primitif " ( mal dégrossi ), la terminologie reste, comme toujours, une question de pouvoir, or le pouvoir de décréter " primitif " ou " premier " l'Art de autres, c'est toujours nous qui l'avons ; les Africains, que je sache, n'ayant pas encore les moyens d'édifier chez eux des musées " d'arts seconds " consacrés à nos cathédrales et quattrocento
Balzac, Honoré de
L'apport essentiel de la Comédie humaine n'est-il pas de nous montrer à quel point, dès 1815, ce qu'on a appelé démocratie ne fut, dans les faits, que la démocratisation de l'arrivisme ?
Banlieue
Des banlieues rouges aux banlieues beurs
Je me souviens de la banlieue populaire des années 60 ; issus de l'exode rurale et de l'immigration, les travailleurs y vivaient en bonne intelligence, et dans le plein emploi aux usines Renault de Billancourt tout près.
Aucun racisme contre les anciens immigrés ; dans cette cité dortoir sans passé, tous étaient fiers d'être originaires d'un ailleurs historique : breton, savoyard, italien, espagnol, polonais... Mais ce mélange tenait, fraternel, grâce à l'idéologie du travailleur collectif ; le respect de celui qu'on côtoie tous les jours sur son lieue de travail ; le travail partagé au quotidien qui rapproche les gens et abolit les préjugés.
Alors que s'est il passé ?
Crise du pétrole de 1973 et raréfaction de l'emploi, clament les gauchistes, marxistes quand ça les arrange.
Pourquoi la raréfaction de l'emploi aurait elle dissous la morale ouvrière, quand la morale ouvrière, faite de conscience et de solidarité de classe, venait justement de sa lutte contre la misère ?
En général c'est plutôt l'embourgeoisement qui dissout la morale et les solidarités. Or le moins qu'on puisse dire c'est qu'en banlieue, depuis 1973, il n'y a pas eu embourgeoisement!
Le vrai changement vint du " regroupement familial " décrété par Giscard en 1974. Dorénavant ces travailleurs solitaires, maintenus jusque là isolés de la population française, auraient le droit de faire venir leurs femmes, et tous les fils qui naîtraient de ces esclaves humiliés et de leurs épouses brutalement déportées seraient français.
Décision étrange, prétendument humaniste, qui a changé pour toujours le visage de la France
Le regroupement familial ne fut pas une naïveté humaniste de grand bourgeois qui plane mais un projet pervers : transformer les banlieues rouge à très forte conscience et solidarité de classe en banlieues de beurs déplantés.
Le recul du niveau de conscience démocratique fut voulu par le patronat et le pouvoir : des voyous, des abrutis, des malheureux, des esclaves.... plutôt que des ouvriers conscients de leurs droits et de leurs devoirs. Il y eut un procès Pétain, on peut rêver d'un procès Giscard.
Banlieue
et le grand banditisme
Compte tenu de la faiblesse politique de l'Etat, la meilleure chance de voir un jour pacifier les banlieues, c'est peut être le grand banditisme.
Ce grand banditisme émergeant des banlieues, qui a pris récemment le contrôle de la haute pègre ( surtout depuis l'assassinat de Francis le Belge ) et qui est peut être, au train où ça va, la seule carte qui reste à la police, vu son peu de moyens et son peu de soutien politique, pour obtenir quelques résultats.
S'appuyer sur les nouveaux caïds de la drogue, qui ont besoin d'une certaine tranquillité urbaine pour exercer leur activité souterraine, pour assurer la police de proximité. Compter sur les bandits pour calmer les voyous, comme ça c'est toujours fait à Chicago, Marseille, là où le pouvoir qui n'a plus la force d'éradiquer la pègre doit s'en arranger.
Cette évolution de la jungle à sauvageons vers le calme en surface du grand banditisme serait un moindre mal pour la sécurité publique du populo, puisque lui, ce qui lui pourrit la vie, c'est la petite délinquance au quotidien : le braqueur de vieilles, le voleur d'autoradios, le racketteur de lycéennes.... Le grand bandit qui fait chier les banques et qui s'attaque aux gros en centre ville d'où le populo a été viré depuis longtemps, ce n'est pas son problème.
Après tout, ne serait ce pas justice que ce soit un peu les bourgeois qui trinquent ?
Beauf
Pourquoi pas une Beauf Pride ?
Une fois de plus je ne peux pas rouler, la rue, l'espace public me sont interdits ; bloqués par une minorité qui n'a rien d'autre à revendiquer que son arrogance narcissique.
Tristesse de la Gay Pride. " Je vous emmerde, le pouvoir me lèche le cul car je suis un consommateur servile et dépolitisé ", semble être le seul message de cette communauté. Message parfaitement résumé d'ailleurs par la pancarte que brandit ce gay en string gigotant debout sur son camion, une pancarte en anglais dont la traduction française nous apprend combien il est " fier de se faire enculer " La belle affaire. On est loin du défilé unitaire du 1° Mai ; cette démonstration de force réduite à la misère depuis que la division des consommateurs par préférences sexuelles a remplacé la solidarité des salariés.
Pourquoi pas un défilé de gens normaux, une Beauf Pride ?
Le Beauf ne peut il pas revendiquer, lui aussi, sa fierté d'appartenir à la communauté des Beaufs N'a-t-il pas le droit de le faire bruyamment savoir par des chars d'ouvriers, de chasseurs, de pêcheurs à la ligne, de bricoleurs du dimanche acclamés par des hordes de caissières, de standardistes et de champouineuses en transe.
Bouddhisme
Le néo-bouddhisme de nos nouveaux bourgeois de gauche ( et de leur prophète Jean Claude Carrière ) poursuit le même but que le protestantisme en son temps : déculpabiliser le nanti nouveau riche à sensibilité de gauche.
Le bouddhisme n'est pas une religion mais une sagesse, une thérapie qui propose au nouvel adepte d'échapper à la culpabilité par le repli sur soi. En ce sens très actuel, le bouddhisme n'est pas une alternative au christianisme mais une alternative à la psychanalyse ; cette autre religion laïque du désintérêt pour l'autre, toujours le même, l'exploité. Son but, identique, n'est pas la transcendance, l'universel, mais le confort individuel.
Voilà pourquoi vous ne verrez jamais un ouvrier faire za zen, pas plus que s'allonger sur un divan. Sa méditation, son renoncement au monde et à ses plaisirs est sa condition objective : abrutissement du travail à la chaîne.
Chaque fois que je croise un néo-bouddhiste - publicitaire, cadre de la nouvelle économie ou rentier faux jeton caché derrière son masque de sagesse - j'ai l'envie très chrétienne ( celle qui prit Jésus face aux marchands du Temple ) de lui casser la gueule !
Branché
Le branché et le nettoyage urbain
Le branché n'est pas seulement utile au commerce des accessoires en lançant les modes, il est aussi utile à celui de l'immobilier par le nettoyage urbain.
Par nettoyage urbain j'entends : virer les petites gens de leurs quartiers populaires en en faisant progressivement des " beaux quartiers " ( aujourd'hui même le XX° arrondissement de Paris est un beau quartier, c'est à dire le recul du niveau de vie et de sa qualité )
Les beaux quartiers traditionnels sont chers puisque peuplés de riches, ce qui prouve que personne, en vrai, n'aime la laideur, contrairement à ce qu'essaie de nous faire croire John Galliano avec ses défilés.
Les cadets de la bourgeoisie, cette jeunesse désargentée mais qui aime bien vivre, s'enthousiasme donc pour un vieux quartier populaire : son bistrot du coin, ses petites gens, ses commerces de proximité ; admettant ainsi qu'il existe d'autres charmes que celui de l'argent. Attirés pas des loyers pas chers et la chaleur d'un urbanisme à échelle humaine - ce charme du Paris-village dont le film d'Amélie Poulain a donné à la France entière la nostalgie - les branchés choisissent de faire d'un vieux quartier populaire un nouveau quartier branché. Suivent alors les commerces branchés : d'abord le café branché, sectaire contrairement à l'ex-bistrot du coin ; puis le resto branché, plus cher que l'ancien resto de midi avec son menu à 62 francs ; puis les boutiques de fringues branchées, les boutiques de déco branchées, les agences immobilières pour accélérer la mutation, les cabinets d'architectes pour les transformations-valorisations, et enfin les pistes cyclables pour dissuader les étrangers au quartier de s'y aventurer en voiture, tout en accélérant le départ en banlieue des artisans qui ne peuvent plus garer leur fourgonnette en double file, donc travailler.
Avec la branchitude, les prix montent, l'immobilier fait son beurre, mais l'ambiance populaire, elle , s'est muée en arrogance branchée ;
Et les vrais gens, les petites gens, les braves gens d'où venait ce charme d'un Paris aimé du monde entier, d'un Paris perdu qui n'existe plus que dans l'imagination des touristes, où sont ils passés ? Ca, nul branché ne s'en soucie.
Virés d'un Paris devenu trop cher, ils ont atterri en banlieue où les rappeurs à pit-bulls, les tagueurs à cutters et autres courtois les ont accueillis avec la bienveillance qu'on sait ; ces immigrés auxquels les branchés trouvent tellement de charme qu'on se demande ce qu'ils attendent pour aller les rejoindre en banlieue.
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